Lettre ouverte à la mairie de Grenoble (22/03/17)

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Lettre ouverte à la mairie de Grenoble

Le 22 mars 2017

Vers la fin d’une pépinière associative autonome à Grenoble ?

Cap Berriat, 51 ans d’histoire

L’association Cap Berriat développe depuis 51 ans un projet d’éducation populaire sur le quartier. Au fil des problématiques rencontrées par les jeunes, nous avons fait évoluer notre projet pour proposer de l’action de proximité sur le quartier, du soutien et de l’accompagnement aux envies / idées / projets de jeunes, l’hébergement d’une pépinière d’environ 190 associations…

Une histoire de relogement qui dure… depuis 10 ans.

Installé dans des locaux provisoires depuis presque 20 ans (au 15 puis au 3/5/7 de la rue Georges Jacquet), Cap Berriat travaille à son relogement au sein du bâtiment du 24 bis rue Ampère depuis près de 10 ans.
Ce nouveau lieu devait être un lieu de croisement mêlant jeunesse, culture, économie sociale et solidaire, pratiques citoyennes et alternatives sociales…
Conscients des potentialités du 24 bis, nous avons toujours été ouverts pour le construire avec d’autres acteurs associatifs afin de renforcer l’identité multiple du lieu, les croisements de publics et de pratiques.
Cet espace devait par ailleurs renforcer notre ouverture sur le quartier (espace de petite restauration, d’expositions, de pratiques…).
Impliqués dans la construction de ce nouveau lieu, nous avons été chercher (et trouver) 1/3 du financement de l’opération de rénovation du 24bis.

Et aujourd’hui…

Depuis 2 ans, au lieu de soutenir les expertises associatives, la ville demande aux assos de rentrer dans des cases et des orientations prédéfinies par elle !
Le projet de Cap Berriat a toujours été d’accompagner les jeunes qui ne rentrent pas dans les cases. Nous tentons de construire avec eux des solutions sur mesure pour qu’ils puissent lever les difficultés qu’ils rencontrent ou les désirs qu’ils souhaitent faire vivre. Bien souvent isolé.e.s devant leurs difficultés ou leurs envies, les jeunes créent des collectifs et des associations qui apportent des réponses dans les vides et les marges de l’action publique. Notre projet vise ainsi à se faire rencontrer les jeunes – qu’on n’entend pas – et des activistes – parfois légèrement plus âgés, qui bricolent les solutions de demain.
Nous sommes aujourd’hui confrontés à plusieurs difficultés qui nous poussent à arrêter les négociations concernant l’aménagement d’un lieu jeunesse dans le 24bis rue Ampère.

Le projet de Cap Berriat est en effet aujourd’hui menacé :

  • Une gouvernance qui nous inquiète pour l’avenir

Le projet d’espace interassociatif du 24bis est devenu aujourd’hui un projet piloté par la ville, qui en définit les objectifs prioritaires, la gouvernance et les publics visés (jeunes de moins de 25 ans issus des quartiers prioritaires).
Alors que le fonctionnement se devait d’être démocratique, nous sommes confrontés à des décisions unilatérales (entrée d’un nouvel acteur sans consultation malgré des problèmes d’espaces préexistants sur le lieu).  

  • La vie associative portée par des jeunes et les alternatives sociales et citoyennes, voire contestataires, sont en danger !

La ½ de notre pépinière associative indésirable au 24bis !
Actuellement 45 personnes travaillent de façon permanente dans la pépinière contre seulement 16 postes de travail au 24bis.
Il nous est impossible de laisser ces associations à la rue !
Si nous partageons avec la ville l’envie de se préoccuper des publics les plus fragiles et en précarité, nous affirmons cependant qu’au delà des dispositifs institutionnels (service civique), la vie associative est un espace de construction personnelle (et professionnelle), de rencontres, de développement d’activité pour le territoire… et que c’est dans la complémentarité que nous répondrons à tou.te.s.

Notre questionnement

Quel soutien à des pouvoirs autonomes (associations, citoyen.ne.s, habitant.e.s, jeunes, syndicats…) par la ville de Grenoble.
Nous avons le sentiment que la construction citoyenne des jeunes dans les espaces associatifs n’est pas une priorité pour la ville de Grenoble.
En quoi les solutions institutionnelles seraient-elles les seules réponses adaptées aux problématiques des plus défavorisé.e.s et/ou des jeunes ?

Notre revendication

Nous demandons un rendez-vous avec le Maire de Grenoble afin que puissent être étudiées des solutions permettant non seulement au projet de Cap Berriat et aux assos de la pépinière de continuer à exister – voire à grandir – ainsi que la reconnaissance et le soutien aux projets de la société civile…

Cap Berriat
3, 5 et 7 rue Georges Jacquet
38000 Grenoble
contact@cap-berriat.com
www.cap-berriat.com

 

 

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