Le débat sur la politique jeunesse a été totalement phagocyté, lors des dernières élections nationales, par le discours sécuritaire qui stigmatise certains comportements pour en faire une généralité. Cela permet, à moindre frais, de faire l’impasse sur les enjeux fondamentaux : emploi, logement, culture, initiatives des jeunes…
Voilà, on y est, c’est Sarko… Nous n’allons pas nous cacher derrière notre petit doigt : le projet de notre nouveau Président nous inquiète. Nous avons eu l’occasion, pendant la campagne, d’analyser les discours et les projets. Les siens ont toujours positionnés les jeunes comme une simple main d’œuvre à former pour alimenter la grande machine économique, jamais comme des acteurs du changement qui peuvent apporter de nouvelles manières de « faire société ». Quant à sa vision des jeunes des quartiers…
Malgré cette déception, il ne faut pas baisser les bras. Les vrais changements de société ne se décident pas à l’Elysée mais dans les dynamiques collectives et les possibilités de peser sur les politiques publiques, qu’elles soient nationales ou locales. C’est dans le « faire » que nous devons maintenant investir… sans nous faire trop d’illusion sur la capacité du nouveau pouvoir à comprendre ce que les jeunes peuvent apporter lorsqu’ils agissent en marge des chemins bien balisés des politiques éducatives, d’insertion, de répression…
Il va falloir rester vigilant aux dérives potentielles d’une politique nationale que nous ne pourrons pas ignorer. Serrons-nous les coudes, mobilisons-nous pour faire vivre de nouveaux projets indispensables au renouveau démocratique
Les périodes de campagne présidentielle sont propices aux interpellations diverses et variées des candidats de la part de toutes les catégories de la population. Nous n’échappons pas à cette volonté légitime de citoyens qui veulent faire reconnaitre leurs points de vue.
"C'est une erreur de considérer que le bon moment de la politique, de la revitalisation du champ social arrive tous les cinq ans. Il arrive tous les matins..."
Miguel Benasayag
Comme avant chaque année électorale, on voit fleurir les initiatives invitant les jeunes à s’inscrire sur les listes électorales. Beaucoup pensent que cette inscription est automatique. En fait, il faut quand même mieux effectuer une vérification au bureau d’état civil de sa commune de résidence pour être sur de pouvoir voter
Cette humeur dénonce souvent la quasi discrimination dont sont aujourd’hui victimes les jeunes, notamment en terme d’emploi mais aussi dans tout ce qui touche à leurs modes de vie: pratiques culturelles ou sportives, logement, capacités d’initiatives et d’engagement, expression, comportement,… Pour autant, « les libertés ne se donnent pas, elles se prennent » comme on dit et il ne sert donc à rien de tomber dans la victimisation des jeunes ; ils sont les premiers responsables de leur avenir. C’est l’engagement derrière des revendications légitimes qui permettra de faire évoluer les politiques actuelles, et cela personne ne le fera à la place des jeunes eux-mêmes
- Juin 2006 -
Horreur au dernier tecknival du 1er mai : de jeunes dealers passent les barrages de police avec des chiens qui ont ingurgité de la drogue et qu’ils éventrent ensuite pour la revendre.
Cette information reprise par la plupart des médias écrits et audiovisuels a un défaut : elle est fausse. Après vérification, il s’avère que ce n’est qu’une rumeur qui a circulé.
- Avril 2006 -
Le fait que les jeunes puissent s’exprimer et revendiquer une place dans la cité semble évident… C’est pourtant un combat de tous les instants. Manifestement, notre société, pour de multiples raisons, n’a pas confiance en sa jeunesse. La surmédiatisation de certains événements épisodiques comme la crise des banlieues en novembre dernier a même tendance à renforcer cette peur des jeunes perçus comme irresponsables.
Pas facile dans ce contexte de sortir du discours sécuritaire et de proposer de faire confiance aux jeunes en s’appuyant sur leurs capacités et leur mode de vie.
- Janvier 2006 -
Combien de temps encore allons nous attendre avant de réagir collectivement ?
Combien de temps faudra t’il pour que nous prenions le chemin d’un développement non pas harmonieux, nous ne sommes pas utopistes, mais au moins respectueux des diversités et acceptable pour tout un chacun ?
Beaucoup de commentateurs ont noté que l’année 2005 avait été un mauvais cru… Un de plus… Plus personne aujourd’hui, même parmi les plus béas du gouvernement n’oserait dire que, finalement, la France ne va pas si mal, qu’il suffirait d’un peu de labeur, d’un peu moins de fonctionnaires et d’une « positive attitude » (et oui rappelez vous) pour faire redémarrer la machine.
Il y a quelques semaines, le Ministre de l’Intérieur, Président de l’UMP et par ailleurs candidat à l’élection présidentielle s’est rendu à Lyon. Il a rencontré plusieurs responsables d’associations qui travaillent auprès des jeunes dans des domaines très divers mais qui ont comme point commun de maintenir un minimum de lien social dans des quartiers d’exclusion. Il a été interpellé sur la baisse permanente des moyens financiers et a répondu par une phrase lapidaire : "ce qu'il faut à ces jeunes, c'est des fomations, pas des clubs de poterie".
Bientôt l’Assemblée Générale de Cap Berriat... Comme le printemps, elle revient certes tous les ans, mais cette année, elle reflète des enjeux de taille. L’humeur de cette lettre de Cap essaye de vous les situer au mieux.
Cap Berriat s’est créé à partir du constat de la nécessité d’une nouvelle approche des jeunes. Nous pensons qu’ils ne doivent plus être perçus comme une catégorie à part à laquelle il faut proposer des activités spécifiques mais comme des porteurs de projet qui par nature sont « la relève » citoyenne.