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Titre: Une régression, une de plus…

Auteur: La Rédaction

Date : 15 septembre 2005 %11:35:11 ou jeu., 15 septembre 2005 11:35:11

Résumé: 

Il y a quelques semaines, le Ministre de l’Intérieur, Président de l’UMP et par ailleurs candidat à l’élection présidentielle s’est rendu à Lyon. Il a rencontré plusieurs responsables d’associations qui travaillent auprès des jeunes dans des domaines très divers mais qui ont comme point commun de maintenir un minimum de lien social dans des quartiers d’exclusion. Il a été interpellé sur la baisse permanente des moyens financiers et a répondu par une phrase lapidaire : "ce qu'il faut à ces jeunes, c'est des fomations, pas des clubs de poterie".

Contenu: 

Derrière ces propos démagogiques auxquels il nous a pourtant habitué se cache une réalité inquiétante : l’homme qui incarne à droite une nouvelle pensée très libérale jette par-dessus bord 30 ans d’intervention sociale, culturelle et éducative dans les quartiers en utilisant l’image caricaturale de la poterie. Sa seule réponse est économique. Certes la plupart des jeunes concernés aspirent à un emploi mais tous les acteurs de terrains s’alarment du fait que de plus en plus de jeunes sont complètement déstructurés, renfermés sur des valeurs identitaires qui les coupent complètement des réalités du monde de l’emploi. Et d’ailleurs quand ils sont prêts à travailler ils sont souvent victimes de discriminations et ne peuvent plus bénéficier des emplois jeunes supprimés par la droite.
Ce qui est grave, c’est que les propos du Ministre, outre d’être méprisant pour tous les acteurs qui sont en première ligne pour limiter la casse sociale, révèlent une méconnaissance complète des réalités de cette jeunesse confondue avec une « racaille » qu’il faudrait mater .
Les politiques envers les jeunes (d’éducation populaire au sens traditionnel) sont évidement à revoir mais jeter le bébé avec l’eau du bain est irresponsable.
De nombreuses études, dont encore une récente commandée par la Direction Interministérielle à la Ville, montrent que le mode d’intervention traditionnel envers les jeunes les enferme dans une démarche de consommation. A l'inverse, quand les jeunes sont considérés comme des acteurs porteurs d’initiatives, les observateurs sont très souvent surpris par la qualité et la curiosité qu’ils expriment sur des questions très diverses comme l’aménagement urbain ou plus généralement la vie de la cité. C’est tout le sens du travail de Cap.
Enlever toute identité d’acteur public aux jeunes des quartiers pour les considérer seulement comme des inadaptés au travail revient à dire qu’il n’y a plus de politique publique nécessaire entre l’éducation et l’accès à l’emploi. C’est une régression. Une de plus...  G. Rousselot 

Notes: 

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