Cette campagne a pour objectif de sensibiliser les citoyens de la ville, aux réactions des jeunes face à leur avenir, afin de voir ce que cela produit.
Elle est basée sur deux études de la jeunesse, réalisées en 2007. L'une de la fondation de France vers un public 15/35ans et l'autre de la fondation pour l'innovation politique vers un public 19/29ans.
Nous avons donc sélectionné un certain nombre de résultats, que nous avons transposés sur des affiches au format A2, sans aucun parti pris.
Ce que nous avons chercher à travers cette campagne, c'est de provoquer tous les passants, peu importe leurs âges et leurs situations et les pousser à la réaction.
Vous trouverez ci-dessous une explication résumé de ce que véhiculent ces études, afin de mieux comprendre ces chiffres, et ce qu'ils sous-entendent vraiment.
Car Il s'agit d'une sélection de pourcentages marquant, parfois ambiguës, parfois plus clairs, qui peuvent évoquer un certain défaitisme chez ces jeunes interrogés, mais qu'en est-il des autres?

Les pourcentages affichés sont issus de 2 études nationales concernant les jeunes Français.
Ces deux enquêtes sont de natures différentes :
- « LES INDIVIDUALISTES SOLIDAIRES » : enquête qualitative commanditée par la fondation de France et réalisée par SCP communication auprès de 38 jeunes de 15 à 35 ans en 2006-2007.
- « LES JEUNESSES FACE A LEUR AVENIR » : enquête quantitative internationale commanditée par la fondation pour l’innovation politique et réalisée par Kairos Future en 2006-2007 auprès de 22000 personnes dans 17 pays (en Europe, en Asie et aux Etats-Unis) : 1000 personnes âgées de 16 à 29 ans ainsi que 300 personnes entre 30 et 50 ans pour chaque pays.
L’étude qualitative, « LES INDIVIDUALISTES SOLIDAIRES », s’attache à comprendre en profondeur les valeurs émergentes que les jeunes mettent en avant. Le nombre de personnes interrogées n’est pas important (38 jeunes) mais offrent une analyse en profondeur des attentes des jeunes, des valeurs qu’ils portent, les mutations de la notion de citoyenneté etc. Nous vous invitons à consulter cette étude, et notamment « le rejet des trois pouvoirs traditionnels »p.18 ainsi que « le citoyen, co-producteur d’une société nouvelle » p.26.
15-35 ans : les individualistes solidaires
26 % DES JEUNES FRANÇAIS ONT CONFIANCE EN LES MEDIAS
Ce pourcentage correspond à la somme des réponses positives (tout à fait et plutôt) données à la question suivante :
Faites-vous confiance aux médias pour que la société évolue dans le sens que vous souhaitez ?
Tout à fait 5%
Plutôt 21%
Peu 40%
Pas du tout 34%
15% DES JEUNES FRANÇAIS ONT CONFIANCE EN LA POLITIQUE
Ce pourcentage correspond à la somme des réponses positives (tout à fait et plutôt) données à la question suivante :
Faites-vous confiance aux politiques pour que la société évolue dans le sens que vous souhaitez ?
Tout à fait 3%
Plutôt 12%
Peu 42%
Pas du tout 42%
NSP 1%
Erratum : Nous avons affiché le chiffre de 16%. Nous avions alors compté également les non réponses (Ne Sais Pas) dans notre calcul. Pour une lecture plus juste, nous ne reprenons dans cette explication que la somme des réponses positives, ce qui amène le pourcentage à 15%.
18% DES JEUNES FRANÇAIS NE SOUHAITENT PAS QUE LA SOCIETE CHANGE
Ce pourcentage correspond à la somme des réponses négatives (peu et pas du tout) données à la question suivante :
Souhaitez-vous que la société française change ?
Tout à fait 43%
Plutôt 36%
Peu 13%
Pas du tout 5%
NSP 3%
Erratum : Nous avons affiché le chiffre de 21%. Nous avions alors compté également les non réponses (Ne Sais Pas) dans notre calcul. Pour une lecture plus juste, nous ne reprenons dans cette explication que la somme des réponses négatives, ce qui amène le pourcentage à 18%.
L’enquête quantitative « LES JEUNESSES FACE A LEUR AVENIR », s’attache à réaliser une comparaison internationale des réponses données aux questions classiques (accès à l’emploi, au logement etc.). Son originalité tient dans l’apparition de questions qui touchent à deux types d’éléments rarement interrogés. Il s’agit du sentiment de confiance en l’avenir (le sien propre et celui de la société dans laquelle les personnes interrogées vivent) et du sentiment d’attachement/appartenance aux différents organes nationaux. Nous vous conseillons vivement de lire les chapitres résumés sur les différentes situations nationales et surtout celui concernant la jeunesse française ; « Des jeunes français isolés et pessimistes face à une prise en charge publique limitée » p113.
Étude "Les Jeunesses face à leur avenir"
7% DES JEUNES FRANÇAIS ENTRE 16 ET 29 ANS ONT CONFIANCE EN VOUS
Ce pourcentage est issu du degré d’accord à la proposition « vous faites confiance aux gens en général ». La réponse était donnée sous forme d’échelle de 1 à 7, 1 représentant la réponse « pas d’accord du tout », et 7 la réponse « tout à fait d’accord ». Pour atteindre le chiffre de 7%, n’ont été comptés que les jeunes ayant répondu les valeurs 6 et 7 sur cette échelle, soit les plus en accord avec cette proposition.
Erratum : Nous avons affiché le chiffre de 15 % pour cet item, c’est une erreur. Le chiffre exact est de 7%. Nous avons péché par excès d’optimisme.
A titre indicatif, cette même question posée à la population adulte (30-50ans) est encore plus faible : 6% des adultes français ont confiance dans les gens en général.
Lecture : L’échelle de gauche correspond au pourcentage de personnes d’accord avec l’affirmation « je sens que j’appartiens à la société dans laquelle je vis » (réponse 6 et 7 sur une échelle de 1 à 7) ; L’échelle de droite correspond au pourcentage de personnes déclarant avoir confiance dans les gens en général (réponse 6 et 7 sur une échelle de 1 à 7)
Ce tableau nous apprend également que le sentiment d’appartenance nationale des jeunes français n’atteint que péniblement les 18%. Nous laissons le lecteur tirer les conclusions de ce pourcentage relativement inquiétant.
Mais au-delà, ce tableau fait la démonstration que le sentiment de confiance dans les gens en général est corrélé au sentiment d’appartenance national. Il y a là, à n’en pas douter, un enseignement important à tirer.
4,2% DES JEUNES ENTRE 16 ET 29 ANS ESTIMENT AVOIR UN AVENIR DE SOCIETE PROMETTEUR
26% DES JEUNES ENTRE 16 ET 29 ANS ESTIMENT QUE LEUR PROPRE AVENIR EST PROMETTEUR
Ces pourcentages sont issus du degré d’accord aux propositions « votre société a un avenir prometteur » et « mon propre avenir est prometteur ». Comme pour le pourcentage précédent (Cf. ci-dessus), n’ont été prises en compte que les réponses 6 et 7 sur une échelle de 1 à 7.
Si l’on peut constater pour l’ensemble des pays une tendance à la morosité quant à l’espoir d’un avenir prometteur des sociétés, il n’en demeure pas moins que la France se place au plus bas niveau.
Pour l’espoir dans un avenir personnel prometteur, bien que les jeunes français ne soient pas au plus bas niveau, il reste dans les plus faibles proportions.
Ces chiffres montrent que les jeunes ne se reconnaissent pas dans les différentes institutions au niveau national, qu’il s’agisse du sentiment d’appartenance à la société française toute entière ou de la confiance dans les politiques ou les médias pour faire évoluer les choses.
Ces constats alarmistes doivent être relativisés. Lorsqu’on se penche sur ces questions d’implication et d’appartenance à des échelons plus locaux, les réponses des jeunes sont nettement plus positives.
Les organisations les plus plébiscitées pour répondre à la demande des jeunes sont les associations (85% des jeunes entre 15 et 35 ans voient dans les associations un acteur qui peut faire changer les choses dans le sens qu’ils souhaitent). La justification est donnée par le fait que « les associations sont des acteurs concrets qui améliorent la vie de tous les jours ». C’est la capacité à agir sur le quotidien de manière concrète qui est valorisée.
Le citoyen aussi, dès lors qu’il n’est plus compris uniquement comme une abstraction nationale (uniquement compris comme un électeur ou un contribuable) est largement mis en avant pour résoudre les problèmes rencontrés localement. Ce qui signifie que l’engagement citoyen va de pair avec son utilité immédiate, le but de l’engagement est d’être utile ici et maintenant. 66% des jeunes entre 15 et 35 ans font confiance aux citoyens pour que la société évolue dans le sens qu’ils souhaitent.
Ce qu’il nous faut entendre à partir de ces pourcentages c’est que les jeunes ne sont pas attachés au niveau national, alors qu’ils semblent nettement plus investis par un engagement sur des échelons plus locaux. Nous voyons au travers de cette dimension localisée la possibilité d’impliquer une jeunesse citoyenne, à même de porter des projets pour développer et répondre à des manques sur un territoire à visage humain, leur territoire. Les jeunes portent des valeurs citoyennes, mais reste à se poser la question des moyens mis à disposition pour qu’ils puissent exercer cette citoyenneté sur leur quotidien, sur leur environnement proche. Cela nous invite à comprendre cette nouvelle donne de la citoyenneté des jeunes non pas comme une perte d’engagement, mais comme une implication centrée sur l’agir, sur le « faire ensemble pour résoudre les difficultés quotidiennes ». Cette idée de l’engagement offre avant tout le potentiel de citoyens qui s’emparent concrètement de la question de leur environnement et y répondent de manière collective.
