Je ne suis pas d'accord...
Cette humeur dénonce souvent la quasi discrimination dont sont aujourd’hui victimes les jeunes, notamment en terme d’emploi mais aussi dans tout ce qui touche à leurs modes de vie: pratiques culturelles ou sportives, logement, capacités d’initiatives et d’engagement, expression, comportement,… Pour autant, « les libertés ne se donnent pas, elles se prennent » comme on dit et il ne sert donc à rien de tomber dans la victimisation des jeunes ; ils sont les premiers responsables de leur avenir. C’est l’engagement derrière des revendications légitimes qui permettra de faire évoluer les politiques actuelles, et cela personne ne le fera à la place des jeunes eux-mêmes
Dans certains cas, nous avons vu des revendications prises en comptes par les élus locaux. La mise en place d’un fond financier pour soutenir les initiatives de jeunes par la Ville de Grenoble est, par exemple, une vieille revendication de Cap Berriat et d’autres associations. C’est aujourd’hui une réalité, ce fond existe et de nombreux projets peuvent donc bénéficier du soutien de la Ville (Vous pouvez nous contacter pour en savoir plus).
Mais, reste un problème plus global; l’incapacité des autorités nationales comme locales à accepter les modes d’actions, les pratiques et même les contestations qui émergent dans la population. « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites mais je me battrai pour que vous puissiez le dire ». Oui, c’est du Voltaire. Mais Voltaire, qui reste très contemporain, a l’air bien loin dans l’esprit des nouveaux démocrates de tous poils. Manifestement ils n’acceptent plus la contestation quand elle ne se situe pas dans le champ bien balisé de l’institution et des joutes oratoires entre majorité et opposition.
Evidement, les jeunes s’expriment peu à l’assemblée ou dans les conseils municipaux dont ils sont quasi absents. En conclure qu’ils n’ont rien à dire ou à faire est un peu rapide et arrangeant.
Il y a bien les différentes instances assez déprimantes de consultation et autre participation… Pas franchement réjouissant pour des jeunes qui plébiscitent l’action et les mobilisations parfois radicales.
Reste d’autres modes d’organisation et d’action collectives comme les coopératives et pépinières d’associations ou les réseaux et autres coordinations comme celles qui ont vu le jour pour s’opposer au CPE. Mais sont ils compris ou simplement acceptés par les institutions ? Pas sûr.
Ce n’est pourtant pas en cherchant à réprimer ces modes d’action que l’on attirera les jeunes vers d’autres formes d’engagements. C’est par contre en reconnaissant leurs revendications que l’on pourra enfin régénérer notre démocratie.