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 Auteurs :
Clementine Autain – Adjointe au Maire de Paris, chargé de la jeunesse
Mikael Garnier Lavalley – Délégué de l’ANACEJ, association qui promeut la participation des jeunes à la vie de la cité.

Résumé par chapitres

1 – Vive les jeunes !
-    Tableau d’une jeunesse décriée et incomprise : médiatiquement dévalorisée et stigmatisée par les politiques : « racailles », « sauvageons ».
-    Répression n’est pas efficace et marque une réponse démagogique face à la « peur des jeunes ». Nécessité de médiation et de dialogue social

2 – De l’avenir, faisons table rase ?
-    Cultures des jeunes ne sont ni meilleurs, ni moins bien que celles des plus agées ; il y a de la merde (star ac, Fun radio VS RTL ou  l’ile de la tentation) et du bien (Diam’s…). C’était déjà le cas avant : Yéyés et folk…
-    « l’accès aux médias sur des enjeux politiuqes de premier plan est globalement très fermé aux nouvelles génération, considéré comme peu légitimes pour s’exprimer »
-    Fin du chapitre : « Au lieu de mépriser et de nous méfier des nouveaux venus, tendons l’oreille. Toutes celles et tous ceux qui portent un projet de transformation sociale devraient être particulièrement attentifs aux adultes de demain, bienveillants et curieux à leur égard. Renvoyer aux nouvelles générations un a priori positif et sans démagogie est une démarche indispensable à toute société qui se projette dans l’avenir »

3- La jeunesse, c’est précaire
-    Chapitre qui dresse un tableau de la précarisation grandissante des jeunes, sur le plan de l’emploi, du logement et même de la santé.
-    La pauvreté moyenne de la population a sensiblement baissé depuis 1970, mais dans le même temps le taux de pauvreté des moins de 30 ans à plus que doublé passant de 4, 5 à 10,8% : « Nous sommes collectivement de plus en plus riche, mais les jeunes sont de plus en plus pauvres ». La lutte
-    En 1975, les salariés de 50 ans gagnaient en moyenne 15% de plus que ceux de 30 ans, aujourd’hui on atteint 40% d’écart.
-    Analyse intéressante de la dissociation grandissante entre l’indépendance et l’autonomie : les jeunes sont de plus en plus autonomes, ils peuvent voter, conduire, faire l’amour librement, monter une assoc mais ils sont ne moins en moins indépendant financièrement (notamment vis à vis des parents). Ce temps de déphasage s’étire ce qui d’après le sociologue François de Singly, peut nuire à l’autonomie elle même.
-    Dans les solutions envisagées, les auteurs proposent la « sécurité sociale professionnelle » qui permet de sécuriser un parcours de vie en gardant un lien entre revenu et activité (qu’elle soit un travail, des études ou une formation) à la différence du revenu universel. Concrètement, c’est un revenu minimum de 1200 E.

4 – Trop classe
-    Chapitre consacré à l’éducation : les auteurs font essentiellement le constat d’une école qui n’est pas apte à corriger les inégalités sociales (rien n’a changé depuis Les héritiers de Bourdieu de 1964) et qui n’est pas ouverte aux réalités de vie de la jeunesse.
-    Plusieurs pistes suggérés dont la discrimination positive en faveur des établissements en ZEP (avec notamment baisse des effectifs). Ils envisagent aussi une ouverture des établissements sur leur environnement et aux questions de citoyennetés.
-    2 dernières pages consacrées à l’éducation populaire avec constat de perte de l’idéal de départ et logique de gestion dominante. Pour autant ce tier espace (educ pop et assocs), entre vie familial et éducation national devrait être valorisé car il permet un épanouissement des jeunes.

5 – Nos futurs
-    Les politiques actuelles envers les jeunes sont navrantes. Il faut trouver une voie entre une politique qui ignore la spécificité de la jeunesse et une autre qui stigmatiserait les jeunes (notamment pour leur appliquer des sous contrats type CPE). « Fixons un double objectif aux politiques en direction des jeunes : donner à tous les moyens de devenir indépendants et déjouer la reproduction sociale et la normalisation des comportements, en profitant de la période où se construit l’adulte »
-    Il faut familiariser les jeunes avec l’exercice de la citoyenneté et avec les rouages de la prise de décision politique : il ne faut pas un model unique mais il faut que les jeunes puissent concevoir et construire eux même leur mode d’association aux instances (pas de model unique de conseil de jeunes)
-    D’après la sociologue Anne Muxel, les jeunes ne sont pas dépolitisés : il y a une déconnexion entre la perception négative de la politique et un intérêt pour ses enjeux. Il y a aussi un renouvellement des attentes et une certaine réinvention des formes d’engagement. Par ailleurs, le taux d’adhésion des jeunes dans les assocs est un peu inférieur à celui des adultes (40% contre 43%) mais 78% sont des participants actifs contre seulement 50% en moyenne nationale.
-    Les auteurs renvoient les possibles améliorations des politiques envers les jeunes à des reformes politiques plus globales (notamment institutionnels avec une volonté de VIème république.


Avis personnel :
Petit bouquin (130 pages) qui n’est en somme qu’une compilation de travaux de sociologues dont nous avions déjà plus ou moins connaissance : pas franchement décapant et parfois même un peu démago ou au moins angélique quand aux solutions nécessaires.
Permet quand même une synthèse sur un certains nombres de questionnements sociologiques sur la jeunesse.
Les préoccupations des auteurs sont clairement dans le champs des préoccupations de Cap Berriat.

O.Bertrand