Un Immense gâchis
On a déjà longuement parlé du projet de lieu culturel qui est en train de voir le jour au 10 bis rue Ampère. Les associations du collectif Mann’art(e) sont aujourd’hui en phase d’installation malgré les immenses difficultés rencontrées sur à peu près tout et n’importe quoi pour avancer.
Ce dossier, entre inertie et décisions non appliquées, est tellement mal géré par la Ville de Grenoble que la seule question qui vient aujourd’hui à l’esprit est « à qui profite le crime ? ».
Pourquoi avoir systématiquement cherché à faire capoter tout projet sur ce lieu ? Nulle paranoïa dans ce questionnement mais un simple et triste constat au vu d’une succession de faits qui parlent d’eux-mêmes.
On vous épargnera cette longue litanie pour n’évoquer que la cerise sur la tarte à la crème : lors d’une réunion en Mairie au printemps dernier la question du revêtement du sol d’une des 2 grandes salles a été évoqué. Toutes les personnes présentes ; associations, Union de quartier, élus, services techniques, cabinet du Maire, toutes, sans exception, ont convenu qu’il serait stupide de poser un carrelage dans une salle à usage polyvalent. Il a donc été décidé à l’unanimité qu’il n’y en aurait pas dans le cahier des charges de l’entreprise chargée des travaux. Vous devinez la suite : au retour des vacances d’été, nous avons découvert un beau carrelage blanc. Ce qui supprime toute possibilité de donner un cachet artistique à la salle. Mais qui a donc rajouté dans le cahier des charges un carrelage alors que personne n’en voulait et que les budgets de travaux étaient déjà tellement serrés qu’aucune finition n’est faite dans les locaux administratifs ?
Nous avons longtemps pensé que la Ville n’avait pas comprise les possibilités offertes par ce lieu et qu’en conséquence elle faisait de mauvais choix en donnant la priorité à des projets sectorisés au détriment d’un projet global innovant.
Mais, c’est, malheureusement plus grave ; aujourd’hui, il n’y a même plus de choix aussi contestables soient-ils. Il y a un gâchis général d’argent, d’énergie, de temps et en définitive du projet : le lieu a été saucissonné en 3 et même le Maire convient qu’il serait judicieux de ré-ouvrir les portes murées dernièrement ; la régie de la salle noire est aveugle ! pas de vu sur la scène alors que cette erreur grossière avait déjà été commise à la Chaufferie ; une cuisine dans la salle rouge, sûrement achetée chez Leroy merlin, qui n’est pas aux normes d’un usage collectif ; d’immenses parties communes non chauffées ; ce carrelage aberrant… On arrête là mais on en a gros sur la patate : Ce ne sont pas de simples erreurs techniques, ce sont des centaines d’heures de boulot pour rien, d’énergie à revendre épuisée en pure perte, de militants associatifs déconcertés … Et tout ça sans que personne n’y gagne quoi que ce soit.
Les associations ne baissent pourtant pas les bras devant la bêtise ou les calculs que certains pourraient faire à l’insu de l’intérêt collectif et nous continuerons à les soutenir dans leur volonté de proposer un projet de lieu innovant qui ne soit pas une simple juxtaposition d’intérêts mal définis.